I

Du héron blessé...


Et je l'ai vu le grand héron, blessé
À l'ombre de l'invisible incertitude 
Caché sous les rives voilées de la solitude
Dans la voûte de l'azur sans nuages


Il s'est souvent posé au coin là, de ma bouche
Il est reparti dans les airs porté par le vent
J'ai guetté son retour, je le guette encor
Assise sur les ailes du songe et de l'espoir


Tu as vu le héron blessé, mon amour,
Tu l'as vu passer au-dessus de tes aires ?
Ses ailes sont des éclairs de feu
Portées par les vents des grands orages


Si tu le vois, dis-lui que je l'attends
Au soir qui chante la mélodie des mirages
J'ai des étoiles dans mon regard
Une lune à mes pieds, il me reconnaîtra




II


Du désir...


À l'arc du désir, au cœur de l'amour
Mes ciels sont porteurs d'espérance
La brume du matin tombe sur le sourire de mes lèvres
La tendresse de l'oiseau s'étale dans la fraîcheur de la caresse


Je hume les odeurs du matin vert
Qui me rappellent à mon enfance
Qu'il est long le chemin parcouru


Au chevet de l'été, les jours se feront fleuves
Le goéland m'apportera une fleur, un roseau
Et j'écrirai tant de mots, tant d'amour
À l'encre de mes désirs d'éternité


Dans cet écrin des mots diaphanes
J'y mettrai mes encens les plus purs
Une rose rouge aux fortes odeurs
Des longues heures de sa présence désirée




III


Du temps qui passe...



Et glisseront les perséides sur les ciels de mes nuits
Le temps filera encor entre mes mains de lunes
Oh ! Je n'ai pas peur du temps qui passe
Il me raconte ses histoires dont il est le témoin


Me rappelle aussi les miennes,
Et me raconte celles que je n'ai pas encore vécues
Me dit ces cœurs, ces corps perdus, silencieux
Des âmes sœurs qui se cherchent, se trouveront


Qu'elle est longue l'odyssée de la vie
Vaste comme l'univers et sa course
Il est un port des rendez-vous
Au temps de la rencontre du voyage des désirs


Pourquoi attendre les demains abstraits
Qui s'empilent dans le tiroirs des âmes ?
Je voudrais partir, mes bagages sont trop lourds
Seule je ne peux et il n'est pas encore arrivé




IV


Du Songe et de l'Amour ...



Et la voie lactée a mis sa robe du dimanche
Les étoiles dansent, la lune me sourie
Le vent de la nuit câline mes cheveux
L'espoir qui m'habite est désespérément seul, nu


Le silence est magnifique, tu entends sa musique ?
Il tombe sur les rives de l'absence qui se fait présence
Dans l'immensité de la vallée des pas perdus,
De la nuit des temps parcourus par tant de solitude


Derrière les portes des dunes de sable
Se cache la désolation des amours interrompues
Au sang chaud qui coule dans les veines des couchants
Chassés par les pluies d'étoiles ramenant la nuit


Et le songe est revenu tenant dans sa main le grand héron 
Sur les marches du long retour, son souffle s'est tu
Je me suis assise sur le sable, une larme d'étoile a coulé
À la lisière de mon amour, dans les bras du temps,
Je l'ai bercé, le berce encor...




Ode

10 avril 2003





« l'Oiseau » de Ode©




~~ Retour à Dans l'Univers Imaginaire de Ode ~~

~~~ Page Index ~~~