Je
suis vêtue de ma robe noire
Il n'est plus là
Reparti dans les nuages
Mon oiseau vermeil
Vers son pays, loin là-bas
Je porte le voile de la
tristesse
Car mon ami,
Peut-être jamais, ne reviendra
Même s'il me l'a promis
Je ne supporte pas les
départs
S'arracher, toujours se détacher
Toucher l'amitié de la main
L'ouvrir de nouveau
Pour la laisser aller
~¤~
Ton visage, je l'ai revu
Cette nuit en rêve
Tu m'annonçais ta venue
En gros plan, tes yeux bleus
En gros plan, ton regard océan
Je te connais
Puisque je t'ai rêvé
À ma mesure
Tu t'es révélé
J'ai rêvé de toi
Des dizaines de fois
Je t'ai sublimé
Mon âme
J'entretiens le rêve
Puisqu'il n'est plus réalité
Ce sont eux qui font vivre
Jusqu'à ce que ivre
Dans ces rêves, tu dansais
Avec l'agilité d'un adolescent
Tes pieds ne semblaient pas toucher le sol
Te regarder danser me rendait tout drôle
Ton émerveillement, ta joie
Ton sourire éclatant
Respirant la liberté
J'ai eu chaud au cœur et à l'âme
À ton contact rempli de pureté
J'ai eu mal à l'âme à la seule idée
Que jamais, je ne te reverrais
Ai-je rêvé tes mains
Lorsqu'elles se tendaient vers moi
Pour allumer la cigarette blonde
Que tu m'avais offerte
Je les entourais, il me semble bien
Le briquet qu'après ton départ
j'ai trouvé sous la banquette
Tes mains que j'entourais des miennes
Dans un rituel à deux
Rythme, musique, pour gens heureux
Je regarde le briquet
devant moi
Posé sur la table
Au moment où j'écris ces mots
Vestige-vertige du rêve-réalité
Assurance d'être éveillée
Dans un rituel plusieurs
fois répété
Je refais les mêmes gestes
Perpétuer le réel
De te retrouver
Combien de temps il nous reste !
Que de souvenirs
Que de rires
Que de regards assassins
Promesse de doux lendemains !
J'ai revêtu ta robe de
repos
Celle que tu m'as offerte en cadeau
Nue, après le bain
Symbole de toi m'enveloppant
Ton rire, ta voix me manquent
Tes pleurs, après ta poésie
M'ont stigmatisée
L'enfant en toi qui a parlé
L'enfant oublié, heureux,
Dans mes bras, s'est retrouvé
Nous sommes loin l'un de
l'autre
Nous savons cependant
Que nos âmes s'habitent
À tout jamais !
N'est-ce pas la plus belle
part
Que celle d'Éternité ?
Comment vas-tu là-bas ?
Je ne sais pas, puisqu' à mes lettres
Tu n'as pas répondu
Submergé par le quotidien qui tue ?
Ou tu n'ouvres plus ton courrier
Pour ne pas redescendre, t'éveiller ?
Je me revêts de l'Habit
Rouge
Parfums enivrants
Et te voilà présent
Là, tu m'envahis, m'enveloppe, je suis habitée
Tout comme dans ta robe d'intimité
Les odeurs de café noir
Flottent dans ma tête
Le rituel du café mousse
Souvenance de la fête
Toi, l'exilé de
l'intérieur
Mon ami, mon âme
Reviendras-tu dans cet ailleurs
Où tu sens si fortement les racines du cœur ?
Je t'attends
Ami, reviens
Ode©
Imaginaire en exil
Création Ode©
Photo en titre : « Un soir à Des-Aulnaies » Ode2005©
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