P E I N D R E
- A Ode -


Peindre
Les feux de l’automne
Les arcanes de l’être
La terre qui grogne
Tout ce dont la vie résonne
                             Peindre
Peindre
Des grotesques
Des monstres - des têtes
Des mondes picaresques - des fresques
Des spectres...
                            Multiples et livides...
                                               Peindre
Peindre
La sphère céleste...
                                Hymens et cortèges
                              Sortilèges mortels
                                               Peindre
Peindre
Visages et prunelles
Paysages et pierrailles
Saturnales et sérails
Ombrages et soleils...
                                              Peindre
Peindre
Un infini temporel...
                                 Fractal et malléable
                                      Dans l'informel natal...
                                                Peindre
Peindre
Ce qui inspire la vie à l'être
Peindre
Ce que renferme le rêve
                                                    Peindre...

Peindre
La résine et le sang
- Ces plaies au vent -
Qui distillent pleurs
et malheurs
- Ces entailles fatales -
Qui fossilisent larmes
et mal...
                                                    Peindre
Peindre
L'âme au couteau...
                                                     Peindre.


Nathalie Lescop-Boeswillwald©

 



~*~


A Maman


Sous les paupières de décembre,
La nuit froide silence le monde…
Le cœur à l’enfance rêve un tapis de neige
Où s’abandonner, joyeux…
Dans un paysage tout maternel
De douceur gourmande,
L’âme retrouve sa couleur d’autrefois…
Au soir qui épouse nos songes,
Le souvenir de l’infusion et de la cuillerée de miel
Pour éloigner les maux d’hiver…
Au-dessus du lit blanc, un visage
Qui appelle au sommeil…
Ouvrir le tiroir aux tendresses
Et sentir de nouveau la caresse d’une main
Dans nos tignasses blondes…
Une voix, une odeur,
Et c’est un amour qui ne peut pas mourir…
Un souffle qui veille
Jusque dans l’absence à venir…,
Un sourire qui nous enlace
Pour l’éternité… et plus…


Thalie©


~*~


 
Quelques notes de guitare...



Quelques notes de guitare, une voix
Pour habiter le silence de la nuit
Qui m’étreint de ses bras tentaculaires...
La soirée pourrait être si douce,
S’il n’y avait l’angoisse de l’absence...
Le manque de l’Autre m’assaille,
Me lamine de bas en haut...
A la lueur pâle d’une lune séculaire,
J’attends à jamais nos retrouvailles...
J’ai beau esquisser
Quelques pas entraînants sur le papier,
Une brèche fragile s’est entr’ouverte dans le rêve!
Aux saisons insouciantes a succédé l’automne triste...
Je ne boirai plus à la source du fraternel
L’eau claire des rires et des tendresses d’enfants...
Et la peur du noir me revient subrepticement,
Lorsqu’au creux du lit... je suis seule...
Tu sais, on a beau s’aimer
Il est des blessures à taire!
A quoi bon nous abîmer de déchirures intimes ?!...

- C’est toujours au présent que l’on s’aime. -


Thalie©
11 Août 1997


~*~


Venir à vous


Venir à vous
Les mains pleines de poèmes
La mémoire toujours au bord des larmes

Venir à vous
Sous les feux lents de l’automne
Dans les premières brumes

Venir à vous
Des je t’aime dans les yeux
Des rires dans la voix

Suspendre le temps
A l’horloge des cœurs
Et réchauffer vos soleils
Au creux de ma tendresse...

Venir à vous
Dessiner sur vos lèvres
Un sourire majuscule

Apprivoiser le manque
Au présent des jours
Et fleurir l’absence
De mots doux...

Venir à vous
Au gré de nos saisons humaines
Comme un pèlerinage d’amour

Venir à vous
Une écharpe de ciel frangée de cendres
Pour une valse avec l’enfance enfuie
Aux heures de novembre...

Venir à vous
Un silence au bout des doigts
Et du bonheur dans mes bagages...



Thalie©
Le 27 Octobre 2001


~*~


En partance...


Aujourd’hui, le cirque
S’est installé en ville...
Sur la route qui mène jusqu’à toi,
Il y a son grand chapiteau
Qui fait de l’oeil à notre enfance...
Mon coeur dérape, je n’ai plus de mots
Pour dire combien je ne veux pas de ton absence...
Et pourtant, j’attends
Que demain t’emporte
Loin de nos bras,
Loin de nos regards...
J’ai mal à te voir ainsi... abîmé, vieilli
Comme exsangue, déjà, de toute vie...
Ta voix n’est plus que silence... Dis-moi, je t’en prie, Grand Frère
Est-ce le noir sous tes paupières
Ou peux-tu encore rêver à quelque ciel d’été... ! ?...
L’automne frappe à nos portes
Les corps se font frileux, les maisons « se ferment »
Et je n’ai en tête que ton visage hagard...
Le soir s’emplit de toi, sous une lune en berne...
Je voudrais oublier nos larmes
Pour ne me souvenir que de nos rires...
Nous savions que le destin s’avère toujours fatal,
Mais pourquoi maintenant ?
Mais pourquoi si tôt ?...
Bientôt, dans quelques heures, dans quelques jours,
Sur ce lit d’hôpital,
Tu achèveras ta course...
Nous laissant, les bras ballants, les yeux embués (...)

Je sais qu’il me sera difficile, sans toi, de pleinement exister....


Thalie©
- A mon frère Thierry -

(Les 17/18 Septembre 1996 -
Achevé le 18 à 13h00, avant d’aller au CHU)


~*~


Se faufiler...



… Et le printemps revient sous ma plume fredonner sa chanson…
J’envisage l’avenir, malgré le grondement des canons, un sourire au bout des doigts… Car même si fleurit l’inespoir jusque dans l’ombre des berceaux, il me reste les mots pour dire l’impermanence des choses, des êtres… dénoncer l’indicible, revendiquer ce sentiment extrême, que l’on voudrait universel et qui se nomme Liberté !…
Malgré les guerres, les famines, la misère… il nous reste encore et toujours à être heureux… et la poésie est une bien jolie compagne… pour la vie…


Se faufiler au cœur du poème
Briser la gangue des saisons
Et reprendre le chemin
- Âpre et fragile -
Des mots…
Pour perpétuer la vie,
Et enfanter une autre vérité
Que celle brandit au bout des fusils…
Il est encore temps de réécrire l’histoire
A venir…

Thalie©
23 Février 2004




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