1962 - 2008

« Au bout de la vie, l’inutile ne sait plus où se cacher. »
Richard Neveu
in derniers écrits





Richard Neveu©
« Bestiaire #69 », octobre 2008


 

« De façon impudique, voici mes derniers écrits... c'est toute ma production récente.
Je préfère toujours laisser mes écrits mûrir avant de les proposer...
mais je te les envoie, en toute amitié. »

« ...on me donne deux mois....»

Richard Neveu,
les 6 et 7 septembre 2008

Richard nous a quitté ce 4 novembre 2008



 

1413

La vie continue...
 

La vie continue. Pour l’ensemble, de petits détails insignifiants continuent d’animer la morosité dans le giron du négatif inépuisable. La majorité s’y vautre, inconsciente de la gravité de l’erreur. Être positif requiert un effort constant mais c’est ça ou la léthargie sirupeuse des éternels catastrophés… je laisse ces constats  déferler sans spécifier ni source ni solution. Je pense avec ma plume comme on trace le contour d’un concept. Que le contour. Tant d’angles analysés avant que la main ne signe une seule phrase complète… la lenteur de l’encre encore permet le raffinement mais ce même raffinement est constitué des miettes, des résidus impurs d’un petit quelque chose à toujours insaisissable.

 




 


Richard Neveu©
« Trois girafes » août 2008

1414

Sans titre
 

Au bout de la vie, face à soi-même, tout s’allège de l’importance que nous accordons à tout, à tort et à travers.

Ce qui importe vraiment brille en îlots incandescents dans une mer d’élans si peu sincères qu’on se doit de questionner chaque lien.

Tous les liens.
Au bout de la vie, l’inutile ne sait plus où se cacher.

 




 

 

 

1415

Sans titre

Je laisse filer les mots
J’évite leur morsure
Embrassant l’éternité
Dans le silence de l’embarquement 
 




 


Richard Neveu©
« Approche amoureuse du Papillon » Bestiaire #84, octobre 2008

1416

Sans titre
 

Un autre printemps

Peut-être

Le poids de deux éternités

Au centre partagé

Et là

Mon regard

Sur la lumière qui ricoche

De la sphère opaline

À ta peau

Un autre printemps

Peut-être
 




 

1

 

1417

Sans titre
 

La pensée d’encre

Chemine entre nous

Mon sillon

Tes couleurs

Et le mot libéré

Qui module le sens

Selon ce que tu es

La pensée d’encre

S’éparpille
 




 


Richard Neveu©
Bestiaire #67, 14 octobre 2008

     1418

     Sans titre
 

J’entends la vie

Ses faux silences

Quelle belle musique

Je veux les matins encore

Tout plein les bras

Peut-être un dernier

Bouquet de poèmes

À se mettre en bouche avant la bascule

J’entends la vie ce matin

Si l’émotion m’étreint

J’entends craquer mes os

Elle en est rendue là

La fragilité
 




 



 

1419

Sans titre

Le corps temple maudit

Sursaute une fois de trop

Je dois changer

Sinon de lieu de position

Il n’y a plus de nuit

Plus de jours vécus d’un long élan

Ininterrompu

J’ai fait la paix avec ça aussi

Le corps temple maudit

Se fissure irrémédiablement
 




 

 

1420

Sans titre

Écrire a apaisé l’enfant en moi

Dessiner l’a amusé

 

Et la musique elle ?

 

Je l’ai aimée

Pour le partage et la galère

L’occasionnelle voix d’exception

Je l’ai aimée pour être aimé

Comme elle indomptable

Elle est demeurée énigme

Quête inassouvissable comme je les aime

Le long chemin

La perle occasionnelle

Parfois les ailes                   (de l’improvisation...)

 

Écrire a apaisé l’enfant en moi

Dessiner l’a amusé

La musique ...

 




 

 

1421

Sans titre

On me pousse à mots dire

À strier les silences inutiles

De cris tranquilles

De calme volubile

 

On me pousse à parer cette page

Déjà si belle blanche

D’un peu de moi

Et à signer la fin d’un long exil

 

Oui le temps est venu
 




 

1422

Sans titre

J’ai vu l’ombre

De mes pattes d’oiseau

Moi tout petit

Tout petit

Les ailes lestées de plomb

J’ai vu l’ombre

Que je deviens

 


Richard Neveu©
Bestiaire #85, octobre 2008




 

 

1423

Sans titre

Les mots blanchissent mes nuits

Ça tourbillonne

Autour de mes doigts lambins

Minuscule

Vacillante

Ma flamme donne encore un sens à tout

La vérité n’aura jamais eu autant d’éclat

Malgré le gavage d’artifices

Et la douleur inexpugnable

Les mots blanchissent mes nuits

Le temps de donner un sens à tout
 


 

En mémoire de
Richard Neveu©
1962 - 2008

Musique qu'il avait ajoutée dans sa longue liste:
Debussy, « Clair de Lune »


 




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