FLEUR DU MÂLE

Répudiation

Biche apprivoisée
Est proie visée
Par l’injustice

En mari déguisé :
D’elle il s’est amusé
Oh l’injustice

Bonne martyrisée
Dont on a abusée
Ah l’injustice

Les liens brisés
Elle devient risée
Oh l’injustice

Marginalisée
Singularisée
Oh l’injustice

Emprisonnée
Dévalorisée
Oh l’injustice








BLESSURE A LÉCHER


Lécher la blessure
Assoient des ivresses
Que l’on censure
L’humide étroitesse
Rêve de chaudes aventures
Son octroi
Suggère et attise
Les flammes
Des songes inespérés
Sur corps de femme
Mue en invitation
Figée sur sa moue
Tel un désir bête
Invitant au voyage









EDEN EN FRICHE


Eden en friche
Tapi au-delà …
Du sombre buisson
Subtile source
Où se désaltère
Le torride intrus
Palpé trituré
Conquis
Il dévoile
Sa faiblesse








APAISEMENT AU BOUT


L’apaisement au bout
A brandir
Pour faire le rêve
Dites le au vent
Dites le au cri
En tutoyant la tendresse
Des lèvres partout
Pour se consoler








FEMMES KABYLES


Je vous admire femmes des montagnes rudes
Dignes héritières des glorieuses dynasties
Votre combat farouche et sans lassitude
A ébranlé la foi à tant de hordes ennemies
Je vous admire femmes des montagnes rudes
Fières gardienne de l’héritage transmis

Dans vos amples girons généreux et chauds
Nids douillets des générations successives
Naissent et grandissent guerriers et héros
Nourris de glands de figues et d’huile d’olive
Rebâtir l’empire étant leur seul credo
Je vous admire femmes vigilantes et attentives
Grâce à vous se transmet le flambeau

Je vous vénère êtres sublimes et splendides
Femmes kabyles aux robes bariolées
Vertueuses descendantes des royaumes numides
De gloire d’honneur vous êtes toutes auréolées
Des anges tendres au cœur candide
Vous avez le don de nous consoler

Des bijoux argentés rutilants sur vos fronts
Vous font ressembler à des reines,
Jalouses des anciennes traditions
Vous régnez sur les monts et les plaines
Dans vos entrailles germent les graines
Qui perpétuent les authentiques générations
Que vous soyez filles sœurs épouses ou mères
Oh femmes humbles aux âmes bien nées
Vous veillez sur notre patrimoine séculaire
Sans répit depuis des milliers d’années
Le Djurdjura berceau de la culture berbère
Est repeint en jaune et vert couleur du genet








BRINS DE COUTUMES


Des youyous gais et stridents
Emplissent ubacs et adrets
Des cris sincères et ardents
Égayant les monts et les prés

Vos izlan : chants sacrés
Des généreuses époques lointaines
Sont chuchotés en secret
Dans l’intimité des fontaines
Ils apaisent les cœurs désespérés
Et font pousser le blé sur les plaines

C’est l’ourar, la fête s’anime
Sous les hourras de l’assistance
Dans l’arène une danseuse anonyme
Crée une chaleureuse ambiance
Elle se déhanche en suivant le rythme
Des mains battant la cadence

Ce sont les noces de ton noble fils
Femme vertueuse relève la tête
Le marié est le fruit de tes sacrifices
Viens danser aujourd’hui c’est sa fête

Le père fier de sa descendance
Invite tous les gens du village
Sept jours sept nuits de réjouissance
C’est un mémorable mariage
Couscous et viande en abondance

Les femmes discrètement maquillées
Exposent leur beauté aux regards
Elles chantent en préparant le henné
Et du benjoin dans l’encensoir
Elles enduisent les mains de la mariée

L’arbousier se dessèche jaloux
Et abandonne sa belle couleur
La mariée l’étale sur ses joues
Pour séduire l’homme de son cœur

Sous un beau ciel étoilé
L’amant s’avance impérial
Avec son burnous immaculé
Et éperonnant un fougueux cheval
Il s’en va sans reculer
Conquérir la chambre nuptiale

Quand sur les draps généreux
Pousse une fleur de coquelicot
Le marié tire un coup de feu
La montagne répercute l’écho
C’est un début bienheureux
Fusent alors les youyous chauds
Cinq doigts dans l’œil de l’envieux


IZLAN Chants d’amour ancien
OURAR : Fête réjouissances






COMBATS POSTHUMES


J’admire ces morts
Que l’on craint encore
Oh êtres éternels

En poussière vos corps
Dénoncent les torts
Des tyrans cruels

Tels des astres d’or
Oh féerique décor
Vous rutilez dans le ciel

Vos œuvres fécondes
Dans nos âmes profondes
Sont des orages qui grondent
Vos colères inondent
Ceux qui vous tuent

Pour affranchir le monde
Des despotismes immondes
Il faut que votre combat continue

Même morts vous dérangez
Les oligarchies enragées
Qui nous gouvernent

Vos écrits subversifs et engagés
Étaient de vrais dangers
Pour ces hommes des cavernes

On vous taxe de mains de l’étranger
A abattre ou à égorger
Car vous allumez nos lanternes

Vos idées continuent à se propager
Pour nous protéger
Contre ces Néron modernes

J’admire ces morts
Que l’on craint encore
O êtres éternels




Mouloud Twahri©





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