Oeuvre de Michel Bénard©

 

En ce siècle retournant irrémédiablement vers les inconcevables et insoutenables errances vers l’obscurantisme inconscient, les religions d’autres époques, réductrices et humiliantes , les fanatismes aveugles, canalisés et superstitieux, la xénophobie primaire et haineuse, il est rassurant de croiser sur sa route, des hommes, des poètes, des artistes, des penseurs osant nous faire encore croire que l’Amour existe, autrement que dans les flèches d’un innocent petit Cupidon, qu’il demeure toujours en nous au plus profond de l’ âme et du cœur et que nous devons absolument  le cultiver dans tous les sens du terme.

Peut-être peut-il encore sauver l’humanité, il serait bon de l’envisager !   

Que sont devenues les espérances du siècle des Lumières ? La tolérance ? La libre circulation des idées ? L’humanisme ? L’universalité ? L’Amour déculpabilisé ?

L’Amour est une fenêtre ouverte sur le bleu de l’infini, il vibre comme une symphonie printanière dans les premières lueurs de l’aube ou les irisations d’un vitrail au soleil couchant.

L’Amour est le germe la beauté et de l’harmonie, il est bon alors de le confier à des jardiniers de l’esprit, de la sagesse, du bon sens tout simplement, pour qu’ils rendent vie à ce jardin que nous avons tant piétiner, pour y revoir fleurir en toute Liberté, l’Amour dans tout de scintillement de sa Vérité.

Convaincu à l’instar de mon maître, le grand poète Marc Chesneau,

 Que « Dans un instant d’amour un siècle peut tenir… /… »    

 

Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres
.

 



 

C’est un long silence qui perle
Sur la toile écarlate,
Un mystère diaphane
Qui s’incline humblement
Sur la mémoire sombre,
Oublieuse de l’essentielle trace !
C’est un discours du possible
Qui contient les parfums
De brume des fleurs de sang,
Des sèves charnelles.

C’est un trop long silence !...













 



 

  Arpenteur d’utopie,
Orfèvre de mirage,
Ciseleur de silence,
J’imagine la féerie des couleurs,
L’intime transparence
Des métamorphoses paysagées,
J’effleure les parcelles éblouies,
Les éclats fragmentés,
Etonnante alchimie !
Par ce poème en dissidence
Je traduis la divine parodie,
Au travers d’un tulle
Diaphane et léger
Porteur d’un doux mystère.
Je rêve d’une cité idéale,
D’une Jérusalem céleste,
De la pierre du premier architecte.
 



 

Elle n’est que simple transparence,
Une révélation au ponant
De l’ombre de cristal,
Ample bustier bleu
Pareil au voile virginal
Souligné de larmes roses.
Ce n’est qu’un lumineux mystère,
La diaphane apparence
D’un étrange retour,
Ce n’est qu’un point d’étonnement,
La transcendante évidence
De l’œil de lumière
D’une femme réincarnée
En dame blanche.
 
 



 

  A l’heure ou le miroir
Des goélands s’étend
Jusqu’au parvis de l’horizon,
Ecouter les orgues du vent
Déchirer les soies du ciel,
Et la mer modeler ses galets
Dans un fracas d’écume et de sel.
Chercher l’ineffable
Contenant le chant des origines,
Aussi délicat que la légende
D’une note se jumelant
Aux lumières moirées de l’aube,
Entre le bleu d’acier
D’une nuit d’Occident,
Et le rouge flamboyant
D’un soleil d’Orient
.
 



 

La caresse éternelle du vent
Erode opiniâtrement
La mémoire du désert,
Façonne patiemment
La rose des sables,
En nous offrant naturellement
L’espace de silence,
Qui scelle la beauté
Sur les fragments de l’éternité.
 
 



 

                                            Dédié au peintre Chris.


Mystérieusement guidés
Par les terrestres mélopées,
Au-delà des degrés du temps,
Nous franchissons les mirages
Jusqu’au cœur de la passion,
Nous touchons à l’élévation
Par l’ogive lumineuse du silence.
Sous un susurrement ailé
Nous effleurons des érosions
Porteuses de parfums d’éternité.

 



 

                                     « La flamme en quoi tout commence et tout prend fin. »
                                                                                            Yves Bonnefoy


Je me drape des lactescences du songe,
Réinvente l’instant magique de l’interrogation
Estompant toutes certitudes ancestrales,
Erigeant toutes possibilités d’espérance.
A la mine de plomb et poudre de charbon
J’esquisse un prélude aux couleurs du temps,
M’invente d’inénarrables mystères
Déposant sur le cœur juste ce qu’il faut
De transparence au bonheur.
Cinglant sur les profondeurs océanes
De valeurs en errance,
Lieu d’exil des identités de cendre.
L’âme postée en vigie
Je scrute au-delà l’horizon,
La possible apparition d’une terre nouvelle
Porteuse des humus de l’origine.

 

 

Michel Bénard© 2012

 



 

   






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