« Petit à petit
ma plume dessine
l'image des mots
esquisse d'une errance
terrible et maladroite
où la poitrine du soir
cherche à rencontrer
le chemin de mes yeux...

Le monde est un défi
que je ne peux étreindre
et pourtant j'accroche
au porte manteau du ciel
un poème plus grand
que la chambre des Mondes !...

Aveugle je veux tout voir
et vivre la lumière
pour comprendre
le murmure des fleurs
et le rire des choses....
Que la joie douce et pure
offre aux questions invisibles
le pressentiment d'une réponse....
L'innocence de l'homme
est l'aube de ses jours
et l'enfant que j'étais
n'a pas changé de cœur....
Ah! surtout....oui surtout
ne jamais retenir
la surprise des mains
que je puisse goûter
à la soie de l'ombrelle
et aux parfums
de ses confidences...
Oui que je puisse croire
au ventre pâle
de l'immensité
à cette transparence
où se perdent les mondes
sans lâcher la main
de mon rêve à venir...
Ne pas...
Ne jamais...
Ne rien savoir....
Vivre perdu dans un corps
comme si tout pouvait
doucement s'entrouvrir...
Mais peut-on concilier
le drame et l'espérance
avec cette leçon d'âme
sans briser l'arc de sa vie ?...
Alors les mots...
les mots introuvables
cachés au fond de ma chair
piègent la chevauchée
de cet oubli suprême
gorgé de silence et de folie...

Poursuivre le chemin
qui se crispe et creuse des fosses
où se couchent les morts....
Marcher...marcher même pas à pas
et fendre le désert
cette antichambre
de l'interrogation
et du renoncement
pour atteindre l'autre côté
où rien ne s'interpose
entre le poème du cœur
et le murmure du temps...

Ah! sourire de l'énigme
qu'on ressent comme une cruauté
qui vous baise le front
de ses lèvres inaccessibles...
Comment trouver la force
après une telle humiliation ?...
La lumière je le pressens
n'est qu'un Archange Noir
un mirage empoisonné
où nos mains tendues
s'approchent et disparaissent
tel un signe dérisoire....

Il ne reste à ma vie
que l'inconnu harcèle
que la lutte éphémère
et les mots impossibles
d'une poésie imparfaite
pour écrire sur le sable
le piètre alphabet
d'un homme qui se cherche....
Tous nos cris sont des plaintes
sans échos et sans traces
et même la prière
incarne la faiblesse...

Sans refuges et sans armes
j'apprivoise le chant
où se posent mes jours
et sans le retenir
je tente la métamorphose
sous le regard interdit
des grands astres sauvages...


C'est ainsi que je parle
à tout ce qu'on redoute
car les Démons du Temps
sans scrupules et sans lois
ne peuvent asservir
les âmes que nous sommes !... »


Antibes, le 4 Février 2002.
©Victor Varjac

 




 

  « On dirait une forge
qui hurle ses rayons...
On dirait un silence
qui fume dans la plaine...
On dirait un souffle
suspendu dans le ciel...
Le Temps face à moi
se tient immobile
et ses yeux transparents
se fixent sur mon cœur...
Que dois-je accomplir
avant que le rêve
ne déserte ma vie ?...
Toucher la peau du monde
et grandir à chaque épreuve...
Inventer un chemin
entre rocs et feuillages...
Ouvrir mes deux bras
aux lèvres de la Source...
Comprendre la douleur
jusqu'au bout de mes doigts
et joindre les mains
parmi toutes les ombres....
Faut-il se pencher
au-dessus de nos voix
pour atteindre le songe
qui fabrique les clefs
de l'être que nous sommes ?...
On dirait un chant
derrière des vitres pâles
un chant tragique et doux
enchaîné à nos peurs
qui cherche dans la nuit
le reflet de nos âmes
et la mort du soir
qui traîne dans nos cœurs... »


Antibes, le 16 Novembre 2002.
©Victor Varjac
 








 

 


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