J’ai vu dans le miroir mes premiers cheveux blancs.
Sur ma tempe, tout doux, la neige s’est posée.
Ce n’est pas étonnant, à quatre-vingt deux ans.
J’entre dans mon hiver, toute soif apaisée.

Mon printemps fut joyeux, mon été plein de charme.
J’ai goûté chaque jour de mon automne d’or.
Et même si parfois j’ai versé quelque larme,
Je n’ai pas de regrets, je n’ai pas de remords.

Je n’ai jamais failli, ni porté préjudice
A ceux que le hasard a mis sur mon chemin.
J’ai subi le refus, souffert de l’injustice.
Mais j’ai gardé l’espoir d’un meilleur lendemain.

J’ai connu des instants d’ivresse, d’allégresse,
Quand l’amour est venu m’enjoliver le cœur.
J’en garde pour jamais des trésors de tendresse,
Le souvenir léger de son rire moqueur.

Je n’ai jamais cessé de rêver à l’étoile,
A l’aurore qui naît, au soleil qui s’endort.
Je sème, je le sais, du bonheur sur la toile.
Et tant que je vivrai, je sèmerai plus fort.

Libre je suis restée, sans entrave, sans chaîne.
Rebelle je le suis, et le serai toujours.
Si je n’attends plus rien, c’est d’une humeur sereine
Que je vais sans faiblir terminer le parcours.

A présent tout est dit. L’hiver est à ma porte.
Je vais m’y préparer pour le bien accueillir.
Le livre de ma vie va se fermer. Qu’importe.
J’aurai jusqu’au mot fin tant d’amour à cueillir.



Renée Jeanne Mignard©
2 novembre 2007





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