Je dors avec un rêve
Et comme il te ressemble…



Dans la nuit qui s'achève
Si nous sommes ensemble
Mon amour ma chimère
C'est les paupières closes
Mystérieux univers
Où nous perdons les choses
Pour mieux trouver les cœurs
Si loin mon âme sœur
Si près aussi parfois


Et j'ai perdu tes yeux
Mais gardé ton regard
Il se mélange au mien
Il est mon désespoir
Ma douleur
Il est déjà si tard
Tout s'enfuit
Le jour
La nuit
La vie
Tout s'enfuit
Et rien ne revient
Jamais


Je dors avec un rêve
Et comme il te ressemble…



Où s'en vont
les mots qui nous quittent ?



Existe-t-il un pays
Où les mots dits demeurent ?
Tous nos si tendres chuchotis
Mon âme douce mon âme sœur
Tous ces mots à jamais gravés
Dans nos plus grandes profondeurs
Insolites graffitis
Dans les méandres de nos cœurs


Où s'en vont les mots donnés
Les mots perdus
Les mots repris
Les mots rendus


Existe-t-il un pays
Un paradis
Où jamais ils ne meurent ?


Retrouverons nous donc un jour
Nos mots d'amour ?



Triste vaisseau



C'est un bateau à voiles
Un point sur l'horizon
Déjà…
Ou bien est-ce une étoile
Un reste d'illusion
Là…


Un adieu qui n'en finit jamais
Un grain de sable porté par la marrée
Qui sans cesse revient
Dans le courant salin
J'entends sonner les heures
Comme corne de brume
Douloureuse clameur
Le ciel la mer l'écume
De grandes submergeantes
Claquent dans la tourmente
Et je reste immobile
Isolée comme l'île
Dans le soleil couchant


Et le souffle du temps
Et l'eau de la souffrance
Se mêlent avec violence
En terribles élans
Puis la tempête cesse
C'est le profond silence
Il jaillit et se brise
Sur les hautes falaises
Et il s'y éternise


La blessure est à vif
Et le sel est de braise


Puis l'horizon dévore
Dans un dernier sursaut
Les gréements teintés d 'or
De l' étrange vaisseau
Qui nous avait conduits
Vers de lointains rivages
Voyageurs sans bagages
Passagers clandestins…


Un souffle encore se lève
Brisant le dernier rêve
Et tout se fond soudain
Sur le trait d'horizon


Un souffle d'air marin
Semble crier ton nom
Un souffle
Et puis plus rien



Incohérence



Blottie dans les bras du silence
Craignant de réveiller les mots
Poursuivant ma convalescence
D'avoir voulu voler trop haut


Je garde souvenance
De trop de mots écrits
De trop de mots promis
Au plus fort de l'absence
Au plus fort de la nuit
Me jurant ta présence
Au petit jour enfuie


Je veux cesser de croire aux songes
De tous ces mondes parallèles
Les rêves deviennent mensonges
Quand ils demeurent trop irréels


C'est de tes bras dont j'ai besoin
Pour qu'ils m'étreignent et me rassurent
Qu'ils m'apaisent et prennent soin
De mes plus profondes blessures


Pourtant je veux encore te dire
Te dire je t'aime te dire encore
Encore un mot ou un sourire
Qu'un peu de rêve vienne éclore
Encore…


L'espoir qu'un jour
Qui sait
Peut être


Non, je ne veux plus que le silence
Pardon de trop d'incohérence
Pardon de trop d'amour
Pardon d'Encore et de Toujours


Que la vie reprenne son cours…



Régine Foucault©
Un Monde À Lire







Création Ode©

Photo : « Vue du Fleuve St-Laurent à Des Aulnaies » de Ode©


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