Dans la balançoire avec le souffle du vent, elle respire l'humidité
d'une veille d'orage. Le soleil joue à cache cache. Fatiguée,
elle a chaud, elle transpire au rythme du soleil, au rythme de la
plume sur le papier. C'est un matin « Duras » l'air gonflé de
pluie et de soleil... Un matin imbibé de sueurs nocturnes avec que
pour force d'écrire la caféine, le mouvement de la main, l'encre et
« Duras » pour la volonté en route... Un livre va naître,
va-t-elle naître ?
Elle est vivante, elle respire, il y a l'odeur
que le vent porte à son nez et qui descend dans sa bouche. Elle doit
se lever, se rendre à sa cigarette qui l'attend. Reviendra-t-elle ?
Il y a son lit aussi empreint de souvenir, de moiteur de la nuit, de
l'aube, de « Duras » et cette envie de se remettre dedans
pour s'abandonner redevenir totalement humaine.
« Duras », durable dans les fausses
limites du temps, dans la vie, dans ce matin, dans cette humidité,
dans ce vent, dans cette balançoire.
Elle écrira des brides de mots enfoncés par sa
plume au gré de ses matins, au gré de ses instants... Elle est
écrivaine, en vain elle écrit !
Elle a ses fenêtres, celles de sa maison ou
plutôt de leur maison, encastrées dans leur mur avec leurs
moustiquaires pour laisser passer l'air, les insectes aussi à cause
des trous. D'autres fenêtres dans cette maison, placées au-dessus du
nez de ses enfants ou passe l'air, l'oxygène de l'amour fusionnel,
inconditionnel.
Endormis les petits, elle écrit et puis attend
aussi, anxieuse de ne pas savoir ce qu'elle sera capable de donner
aujourd'hui de magique aux enfants. Parfois, souvent par amour, ils
attendent, ils l'attendent.
C'est ainsi qu'elle décida un matin doux, la
gorge en feu à cause de la fumée de cigarette, de faire de chacune
de ses journées une histoire... Oui chaque moment deviendra une
histoire pour que tout recommence, soit nouveau à chaque minute pour
étouffer ainsi l'emprise de l'anxiété qui serre sans relâche son
coeur, ses muscles, sa gorge.