Debout au bord du Saint-Laurent, j’attends un signal comme un cri
Des chants de bercements et de racines sur mon fleuve d’eaux violentes
Montent dans les rumeurs des vagues depuis les origines


Grandes nuits crépusculaires, jonglerie de la fontaine originelle
Sur la soif endormie des braises du cœur
Grandes nuits d’eau, de glaces et d’oiseaux d’hiver annoncés
Grandes nuits blanches en devenir aux corps entourés de lune
Tourmentés d’ors et de bleus


J’attends le cri des glaciers qui montera des recommencements
J’y cueillerai les immortelles dans l’urne blanche de sa mémoire
Pour éveiller le rêve et faire naître mes amours
Afin que la magie des libertés m’emporte au-delà des mers de mon enfance
Fuite des heures s’écoulant vers l’âge au-delà du pays qui m’aura tant fait rêver


Libertés sans frontières du rêve
Donnant naissance à l’éternité
Comme l’oiseau de la première heure
Portant dès l’aube les jours entre ses ailes


Ô soir de novembre où l’hiver s’établit
Aux portiques des lourds silences
Mes îles s’envolent avec la nuit
Au ciel de l’âge et des sens
L’amour, l’espace sont infinis
La neige allongera les distances
Clairières vives sur les pistes de l’oiseau
Sous le ballet de l’étoile du Nord
Sur le tapis blanc de mes eaux
Viendras-tu réchauffer mon corps



Ode 
25 novembre 2004





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