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Un manteau de neige blanche
Recouvre mon pays
Mon pays des longs hivers
Mon pays aux amours emmitouflées
Blanc, mon pays !
Sont gelés les ruisseaux
Gelées les rivières
On y patine, y glisse sur les congères
Y chantent encore les oiseaux
Sur mon pays, il fait Beau
Et moi, dans ma solitude, bien au chaud
Je tisse mes nuits de rêveries
Je détisse mes journées
Je sculpte le passé
Mes mots, j'écris
Et je pense à nous
À tout ce blanc qui nous sépare
À ce passé qui se dénoue
Page blanche des éphémères
Où sont donc nos hier ?
Et dis,
Où va donc le blanc, lorsque fond la neige ?
Ode©
8 janvier 2001
~*~
En réponse à la question du poème:
Alain Springer
Eloix
Sophie Latendresse
~~*~~
Où va le blanc ?
Il ne part pas, le blanc
Car jamais il ne meurt
Jamais il ne part de mon cœur
Quand il rentre sous terre
C’est pour en faire renaître
Tous ces jaunes, ces verts
Qui le font disparaître.
Il ne part pas le blanc
Car il est toujours là
Dans chaque chose encore
Si tu ne le vois pas
N’en ait pas de remords
Même si c’est de toi
Et de tes mots d’amour
Que le bleu revenu
L’a chassé du décor
Il ne part pas, le blanc
Il est en chaque rose
Que serait le bleuet
Et que seraient les mauves
Sans ce blanc qui mêlé
Aux couleurs de la vie
Ne venait à leur sang
Apporter la survie
Il ne part pas, le blanc
Il reste dans nos rêves
Il est dans nos envies
Repose en nos chimères
Et nous dansons sur lui
Tout autour de la terre
Il ne part pas, le blanc
Il n’est pas éphémère.
Il ne part pas, le blanc
N’aie donc plus ce souci
Il est là, tout autour
Ouvre tes yeux d’amour
Il baigne la lumière
Et parfume les airs
Tu y trempes ta plume
Pour écrire tes vers.
Il ne part pas, le blanc
Les mots entre les lignes
Sont tous écrits de blanc
Et ils sont aussi forts
Que les autres et pourtant
L’idiot ne les voit pas
Le sage les ignore
Mais ils sont là, vraiment
Tissant les fils d’aurores
Où de blanches vestales
Dansent pour les amants
Il ne part pas, le blanc
Aux heures des aubes pâles
Qui chantent le printemps
Et se fondent en lui
En faisant éclater
Les couleurs de la vie
Il est bien là, vraiment
Il ne s’est pas enfui !
Ma mie
Plus de tourment…
Alain Springer©
07 février 2005
~~*~~
Où va le blanc ?
"Mon pays des longs hivers,
mon pays des amours emmitouflées."
~*~
Où sont mes hier
que j'avais enfouis dans un terrier
pour pouvoir aux jours maigres m'en sustenter ?
Quand tes neiges ont fait l'eau des souches
et de la renaissance, la source,
qu'as-tu laissé pour moi des fruits de mes souvenirs,
que n'as-tu point laissé au moins le désir ?
Voilà qu'il n'y a plus de blanc
et que le noir est au présent.
Tu n' as pas envoyé mes rêves au ciel
et pris mes derniers pains de miel,
je ne pourrai m'élever à l'arc-en-ciel,
tu as rogné mes ailes.
Blancs sont mes souvenirs,
verte est la terre de mes désirs,
mais tu as pris le blanc
et sans lui, tout est néant.
Qu'as-tu fait des nuages blancs ?
Que n'as-tu gardé pour toi ce gris du deuil
et laissé à moi, aux écureuils,
peindre la toile du printemps.
Où as-tu enfoui le blanc
que je mélange la couleur
qui trace le visage du bonheur ?
Où est le blanc ?
Éloix
11 janvier 2001
~*~
Où va le blanc ?
Entre l'infini et la mémoire,
Sur un bout de lin fini tissé avec un peu d'éternel,
Dans la profondeur morfonde de ton regard
Coule lentement le long du sein de la mère-mamelle
Au fond d'un calice, oublié, séché...
Le printemps venu, se sauve du lièvre aux muguets,
De la chouette au voile de confirmation,
S'accroche aux draps, face aux vents,
Faisant fi d'être de fiers vaisseaux aux aguets
Où va le blanc ? Il ne va nulle part ailleurs,
Enfin, je crois...
De souvenirs flous, il me semble, qu'entre l'infini et ton regard,
Le Grand Blanc sera éternellement emmitouflé dans ma mémoire.
Sophie Latendresse
18 janvier 2001
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