|
|
Dès le dernier blanc muguet cueilli
S'offre la pivoine à la robe rose
Elles font tourner le monde
Sous l'aile de l'archer
Et embaument les amants |
|
Très loin, ton visage se rapproche
Dans l'océan de mon été
O toi visage de mon âme
Où je retrouve mes vœux d'enfance
Là, au fond même de tes rêves |
|
Que me réservent tes détours, oiseau fou
Emporté par les ailes du vent
Tu es là, comme chêne géant
Tu donnes naissance à l'éternité
Portant dans tes mains le Jour |
|
Ta musique est un baume
À l'épuisement des jours
Ta voix est merveille, joie pure
Au sel de mes larmes
Tu es, amour ! |
|
Tu laboures mon champ de tes dits
Au mélodieux chant d'un doux désir
Sous le ferment de la claire lune
Qui transfigure le vitrail du grand dôme
Où nous sommes les seuls hôtes |
|
Incandescence des nuits chaudes
Incendie des luminaires célestes
C'est nous, ces feux fous de passion,
Réunis dans les entrailles de l'été
Pur et vaste espace des amours de cette race |
|
O vaisseau d'or de la renaissance
En partance vers le plus beau voyage
Sous la patine des soleils de feu
Vogue sur le rayon de miel irisé
Jusqu'au port des saisons nouvelles !
|
|
Entre muguet et pivoine ! |
|
Ode©
15 juin de l'An Deux |
...après muguet pivoine...
Après muguet cueilli,
S'annonce la pivoine,
Blanc et rose rubans
Dont le vol de l'archer,
Habille les amants.
Oh ! le lointain visage
Penché sur ton été,
Dont ton imaginaire
En poursuit à souhait,
L'inconnu luminaire.
Ou vas-tu fol oiseau ?
Quoi qu'en disent mes ailes,
Le maître n'en suis point,
Mais quelque vent antique,
Qui passe et leur enjoint.
Un seul mot abandonne
Et que, de jour en jours,
Sa mélodie caresse
De mes larmes le sel
Tant l'attente me presse.
Que pénètrent mes dits,
De ton cœur la jachère
Et ta pente, au jardin
Baignée d'un clair de lune,
Attend son baladin.
L'air est brûlant d'orage
Et les astres témoins
Nous parlent d'incendies,
Chimères d'un été
Avant l'automne, ourdies.
O permanent vaisseau !
Après ton port, le presse
D'aller là-bas quérir
A nouveau ces épices
Que ton cœur sait chérir
...après muguet-pivoine.
Claude Gauthier©
(reçu en juillet 2005)
|