Ce matin,



J'ai contemplé les remous noirs de mon café
Et j'ai vu, au fond du monde, le sucre et le marc.
Nostalgie, j'ai tourné et retourné la clef,
La gorge serrée, pensant qu'il était tard.

 

Ce matin,



Son arôme roussi, son teint abîmé, noyé,
Me fit voir au miroitement de binocle doré
Une ville, sa toiture blême et ses reflets amers.
Je déambulais en plein milieu de Buenos-Aires.

 

Ce matin,



Empruntant des ruelles d'aquarelle et de pastel,
Me dirigeant vers l'océan, je traversais le Parana,
Le Rio de la Plata et la banlieue sans embarras.
J'atteins enfin les marais et la hutte de Gardel.

 

Ce matin,



Dans la cohue d'un cénacle abrité de pénombre,
En cette masure, les coryphées masqués, dissimulés,
Aux pas dérobés et aux chants obscurs, se dévoilaient
Car entre eux l'éclisse en complet blanc clivait l'ombre!

 

Ce matin,



Ma vieille tasse, mon souffle et mon cœur ébréché,
Tango, ils te chantent dans les entrelacs des cours d'eau.
Mascarade tourbillonnante et grisante, lie caramélisée!
Enfoui dans l'essaim, mon âme te décèle, doux anneau.

 

Ce matin,



Bal glauque d'une mer ivre, la flamme te déchire et t'enivre,
En cette morne saison, c'est pourtant la joie de vivre:
Je retrouve et rejoindrai toujours au milieu de la foule
Le soleil du petit jour, ses raies enracinées dans la houle.


 

Ce matin,



Déjà haut sur la Pampa,
Je le vénère, puis l'entends me dire
... Hamamélis... Mimosa... Fuersa Forsythia
Je note pour qu'il puisse me lire.

 



Savra
2001©





Création Ode©






Daniel Acosta
Oeuvre : Libro-Objecto « Ria-chuelo » 1997


P R O Y E C T O  T E R R A 

Universo posible 
El cielo ha sido fundado, 

La tierra ha sido fundada, 

¿Quién ha de vivir ahora, oh dioses ? 

Crónica azteca. 



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