La lune croissante apparaît feutrée,
à peine sortie de la tanière,
ou l'avait enfermé,
la lumière du jour.

Avec elle,
sont venues les Reines somptueuses...
Aiguillonnées par la faim,
ordonner le rituel de la fête ...

Elles ont faim...
Elles sonnent la chasse...

D'un trot altier
elles dérivent dans la plaine,
obsédées
de conquêtes ravies et sauvages,
ouvrant pour elles
les portes interdites
des délices charnels...

Elles ont faim...
Les entrailles hurlent dans la nuit,
le vide de leur couche...

Dans le miroir,
elles supputent
aux effluves odorantes de la chair
leurs chances présumées
de se livrer, consentantes,
aux caprices de la fièvre
qui haletante les anime et les suffoque...

Enivrées d'essences licencieuses,
du bout des griffes,
au pubis en flamme,
elles attendent la parades des fauves,
qui ne se présentent que la nuit...
à l'heure ou les rues imprégnées de souffles
se vautrent dans des parfums de convoitises...

Elles succomberont
séduites, conquises, croquant de leur charme,
le jeune loup empressé et fauve,
victime naïve de la faim des Reines...



Yves Drolet©
« Les Reines » juin 1995




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