Là-bas à la dérobée
Je faisais le ciel...
Près des lilas dorés
Là-bas, je vous ai vu faire le ciel, tout illuminé
Un peu de rose
Un peu de miel
Une feuille trempée dans l’onde
Et le geste suspendu au milieu de l’envolée


Beau, grand, immense le ciel, dans la matinale rosée 



 

Doucement le vent
Ensoleillé
Et la nuit à portée d’ombre
Terminent le geste 
Et s’enfuient
Sur les ailes des flamands mauves
Qui viennent à peine d’immerger
Près des glaces polies 
Où se mirent les soleils étoilés…


Et... les lunes rouges, noyées



 

Vous savez 
Quand on prend l’échelle
Avec un fusil à peindre les moments innommés
Il faut toujours s’assurer
Que les miroirs ne vous aient dans leurs mires
Sinon c’est vous 
Votre image
Le souvenir laissé au milieu des pages
Que l’on accrochera à l’étoile
Le matin venue...


Céleste mirage à l'heure bleue d'été...



 

Alors mieux vaut fuir les glaces des pôles
Et vous baigner dans les eaux froides des océans basanés
Ainsi votre image souvenir 
Se perdra au fond de l’onde diluée
Et quand 
Je prendrai la feuille trempée d’onde 
Pour peindre ce coin d’occident affamé
C’est à votre image que je ferai les mondes
Pour mieux me souvenir...


O ! comme je vous aime en ce moment précis...




 

Que vous avez eu aussi des cheveux dorés
Une enfance autrefois
Au sein du ramage
Sur les landes dispersées
Balayés d’enfants sauvages...


Et les chevaux bleus qui s'affolaient, vous vous souvenez... 



 

Vous qui avez couru tant de nuages
Et autant de plages
Je sais, elle vous a prise 
Au milieu du voyage
Ce coin de ciel n’était pas fini
Et y traînaient ça et là quelques devis...


Une pause... il le fallait...





 

Ne me dites pas… 

Mais si, je vous dis...



 

Mille fois j’ai rêvé votre visage
Mille fois je vous ai fait mon paysage
Et enfin 
Sur la trame insondable du temps et de l’espace
Tissé des fils d’or de mes espérances 
Et de mon désir 
Je vous vois encore
Naître dans la couleur
Des fleuves


Du temps insondable et de l'espace 
De vos espoirs et de vos désirs, 
Je vois votre regard 
Délicieux orfèvre



 

Où j’emprunte l’indigo d’un souvenir 
Aux couleurs de vos yeux de pervenche
Et doucement comme dans le fil de l’attente
Comme l'onde
Je vous fais au ciel 
Ce coin de monde
À la dérobée
Là au tréfonds de l’occident rose..
Du mal d’aimer 
De mon cœur qui vous appelle
Des orchidées fauves 
Des lauriers ahuris


Je suis occidentée, rose, 
Orchidacea, fauve, 
Ahurisée comme les lauriers



 

Dans la pente secrète des verts 
Qui glissent vers ces bleus alanguis 
Où s’entrouvre votre regard
Laissant perler dans le noir
Les larmes pers
Qui se fondent dans la nuée d’étoiles…


Je suis d'émeraudes vertes
Et bleuie de larmes d'étoiles



 

Oui 
Mais ne le dites pas 
Là-bas 
Je vous ai fait au ciel
Un univers à la dérobée
Avant de vous embrasser 
Et de m’enfuir avec les couleurs 
Dans l'iris éternel des roses 
Et des fleurs d’aimées…


Je suis éphémère comme les fleurs
De toutes les couleurs, même aimée



 

Là-bas à la dérobée
Je faisais le ciel...
Près des infinis pourpres et innomés
Et dans la feuille de la durée 
J’ai dessiné votre image
Avant d’être emporté…


Je suis du pourpre comme la solitude
Du pourpre et d'innomé comme votre partance



 

Yves Drolet©             Ode©
11 avril 2004              11 avril 2004







Création Ode©
Photo en titre : « Crépuscule sur le Fleuve Saint-Laurent » de Ode©



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