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Oubliées dans le
temps par les hommes et leur foi,
Bien enfouies
sous les ronces qui cachent leurs passés
J'entends parler
ces pierres aux herbes enlacées
Et j'écoute
leurs vies qui m'ouvrent l'autrefois...
" Témoins
des jours anciens où la terre était rude,
Sous un ciel bien trop bleu pour abreuver leurs champs,
Il n'y avait alors que les vents et leurs chants.
Nous étions sur
les sols leurs seules certitudes.
Aux creux de la
garrigue, aux milieu des pinèdes,
Nous attendions l'aurore pour voir leurs mains cagneuses.
Ils prenaient nos
plus belles, à leurs yeux plus précieuses,
Mais ils ne jetaient rien et rangeaient les plus laides.
Emportées par
couffins, nous étions regardées
Sous chacun de nos angles, puis caressaient nos formes
Avec tant de
douceur qu'une passion énorme
Vibrait dans leurs regards que la sueur fardait.
Ensuite ils nous posaient selon nos beaux atours :
Zébrés de
veines rouges ou doux éclats de miel,
Vertes comme
l'olive ou camaïeux bleus ciel,
Offrant à chaque
porte un joyau en pourtour.
Un mur se
terminait, qu'un autre commençait.
Sans soucis du labeur, ils montaient des villages
Depuis chaque maison jusqu'aux plus beaux dallages
Ou encor leurs églises
et leurs toits élancés.
Nous ignorons pourquoi les hommes sont partis...
Ce fut lent mais profond, comme un lac qui se vide,
Un trou béant et
sec, une fosse livide...
Nulle histoire
plus belle n'a eu de répartie ! "
...Et
je sais qu'elles parlent à qui sait les entendre,
Alors vous
pourrez dire comme moi par rancœur :
Murets de mon
pays où les pierres ont un cœur
Endormez-vous en paix, nous saurons vous comprendre.
Le 31 octobre 2002
À
Ode
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