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Au-delà des mots que nous ne
comprendrons peut-être jamais, de la frustration de ne pas être en
mesure de saisir le message, si ce n'est dans l'inconscient
collectif, ces signes laissés par les humains à travers les âges,
civilisations découvertes et non encore découvertes ( imaginaires ),
ces signes gravés sur la pierre ou le papier-matière, persiste au
moins le constat rassurant de notre victoire sur le temps et la
dégénérescence, la révélation de notre pérennité s'incarnant dans
l'écrit, cloison sémiologique entre l'Histoire et la non certitude.
Nous sommes, nous fûmes, nous serons, voilà ce que disent ces
artefacts d'écritures réels ou inventés, fragments silencieux mais ô
combien loquaces, ces signes d'une écriture ancienne et d'ailleurs.
Issus de la mémoire séculaire, les signes des premiers âges
apparaissent dans le geste, marquant la matière de traces du passage
de la pensée humaine sur cette terre. Par des gestes
inlassablement répétés par des civilisations aujourd'hui disparues
ou qui auraient pu avoir été, « lieu » où les écritures anciennes et
imaginaires se fondent, je pose un questionnement sur notre société,
sur les traces que nous laisserons, significatives de nos relations
avec l'espace et l'environnement. La continuité dans
l'évolution, le mouvement.
Inspirée de manuscrits anciens, de signes et symboles sur les
pierres du monde ancien, dans les grottes, certains inventés,
d'autres réels grossis considérablement, il en résulte des reliefs
de papier-matière - matériau choisi pour réaliser ce projet - qui
nous font alors découvrir une écriture beaucoup plus organisée,
scientifique, une langue davantage élaborée, signes que des
civilisations données ont atteint d'indéniables sommets d'évolution
dont nous sommes aujourd'hui les héritiers.
Répandus au sol, dans le sable ( objets archéologiques ) ou sous
vitrine muséales
( objets d'art ), ces fragments d'écriture nous
font faire un voyage dans le temps et nous confient cette tâche
ardue de redécouvrir et réinterpréter des traces de notre humanité,
qu'elles soient réelles ou imaginaires.
Ode
~*~
« Dans ces pages, Ode semble être la Mère des Temps.
On y navigue entre connu et ressenti ; entre soupçonné et révélé ; entre
intuitif et évident... Bref le langage avant les mots ! La fameuse parole
perdue du symbolisme de la nuit des temps dont se sont inspirés tant et
tant d'écrivains du sublime et de l'ésotérique ; artisans des âges perdus
de l'humain qui cherche à tâtons dans la nuit des racines le rapport au
temps et aux matières qu'il possédait en d'autre lieux d'autres époques.
Des clefs sont à portée de conscience. Le réel prend une autre forme, un
autre passé, une histoire qui parle aux méandres, aux circonvolutions de
notre matière cérébrale. »
Alain Springer
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