L'éloignement est à l'amour
Ce que le feu est au vent :
Il éteint la flamme du petit
Il ravive la flamme du grand






De l'amour




Dans le manège des événements de notre barque
Les vœux ont pris corps, insaisissable intrépidité
Nous voici échangeant des aveux, des baisers, le corps nu
Échangeant ces frémissements dont on ne revient pas
On se désire, je t'attends, tu te présentes, je te reçois
Et, le meilleur de nous-mêmes se rejoint en cet instant
Nous sommes ce que les mots interdisent même
Nouant nos sentiments à la pleine mesure de nos sens
Au point qu'ils sont le testament de ce que notre couche
S'est donnée de voir et d'entendre : nos « je t'aime » en écho.



Le délectable tableau dans lequel les amants se glissent
Les entraînent à l'envi du fait de leurs aveux
Fruit irradiant son pouvoir, les yeux dans les yeux
Suprême abandon, volonté d'être un, mots tendres
Ils se répandent en un seul cri victorieux.



Ils préservent jalousement ces échos de l'hymen
Des multiples ébats passionnés
Mêlé au vent chaud de leurs ailleurs



Une immense et constante vague, de nature,
Les ramène l'un vers l'autre,
Ils n'en n'ont pas le vocabulaire,
L'indicible







Dialogue des amants




« Mon immense sensibilité ne sait pas regarder les choses avec banalité.  Ce qui nous arrive, ma Mie, n'est par ordinaire et mérite de ne pas être tenu pour une expression futile sans signification. Laisseras-tu la vague poursuivre son oeuvre, allons dis-moi, toi que j'aime... »

« Je suis troublée par cet amour immense, mon âme, je ne peux nager à contre-courant. Je laisse la vague poursuivre son oeuvre et qu'elle m'emporte vers toi à jamais. Tout est si beau et prenant. Que la flamme de notre amour ne s'éteigne jamais ! »



« Ma douce, j'aime qui tu es, j'aime ta logique naturelle des choses, un coup de vrai, un coup de rêve, les deux quand tu cèdes tes lèvres...»

« Un pied dans l'eau et l'autre sur terre, entre le rêve et la réalité je funambule. Amour, je te cède mes lèvres... »



« Quels émois, ma fée, mon cœur, tes mots sont des eaux de fontaine, tu touches mon cœur qui boit à tes aveux, ils ont des goûts de vertiges et d'un vertige à l'autre, je tombe entre tes bras, vois ces corps qui se font liges et guident nos ébats. Que murmure enfin le chant de leur complaintes, ta peau prend des parfums d'absinthes, début d'interminables danses, et mes mains ravies n'ont plus qu'à suivre le courant en se laissant porter jusqu'au chemin qui mène aux dernières envies... »

« Mets ton nez, là, au creux de mon cou et laisse aussi un baiser doux avant de cueillir de l'hyménée le parfum... »





Les amants séparés




« Je te veux mon amie, au temps de mon demain, y aura-t-il ta main ? Car demain j'irai t'aimer sous les blancs orangers. »

« Que ton demain arrive, amant, je suis là et t'attends à la fontaine... je te donne ma main. »








Le bel Art désormais? Savoir rester convive
À cette table où nul ne se veut indolent,
Tant la vie à son heure, ingénieuse et vive,
Fait du miracle d'Être un somptueux talent.  

Claude Gauthier© 

 

« Et comme un long linceul traînant à l'Orient,
entends, ma chère, entends, la douce nuit qui marche » 

Charles Baudelaire



Nous©

Fin  de « Nous, les Chroniques »


 




CRÉATION ODE ©

Oeuvre en titre : « Coup de foudre » de Claude Théberge©


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